Frontières
Par Sergio Guagliardi
Le Passant Ordinaire n°37 [novembre 2001 - décembre 2001]
Frontière 1 : front froidNon. Rien.
Rien au-delà des nuits
Des lignes qu’il vole toujours.
Une chemise ouverte
(pendant que ses mains prient ?)
Frontière 2 : limites
Le froid monte toujours peu à peu.
Que reste-t-il donc à faire ?
Travail, travail de deuil.
Quelque chose n’arrivera plus, maintenant
Ces minutes trop longues,
Et la fin qui tarde dejà trop :
Que de funambules à terre !
Frontière 3 : au bord
Première fracture
Dernier amour
Domicile selon que vous êtes
puissants ou misérables
Aventures déjà dites
Comme une couverture partagée
A l’abri de la mort.
Frontière 4 : quelqu’un
Une femme dort.
Un homme est assis, seul
La tête dans ses mains.
Quelqu’un glisse sous la pluie
L’homme rêve à la naissance
De la tragédie
Frontière 5 : front chaud
Ce bonheur
Cette heure enfin magique.
Une lampe allumée sur
le bureau
Et le jour encore
clair
Froid, chaleureux,
Par la fenêtre illumine mon livre.
Frontière 6 : Faire signe
Partir pour où ?
Chacun de ces chemins intérieurs
Ne mène qu’à refaire
Toujours le même signe.
La croix que l’homme se désigne
Est le reflet de l’ombre
Quand il étend ses bras.
Le reste est un murmure.
No frontier, no frontier
Ulysse se baigne,
insouciant.
Un avion de guerre,
Dimanche après-midi
S’est écrasé à ma fenêtre.
Prendre les armes,
Pour ne pas disparaître de soi,
Et construire le monde que je nous veux.
