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Chronique de Jean-François Meekel

Joseph Dato et Bleuenn Isambard, Tchétchénie, dix clefs pour comprendre,

La Découverte, 2003, 123 p.

« La Tchétchénie, c’est le pire du pire », un pire qui se déroule à huis clos, surtout depuis le 9/11 et encore plus depuis que Poutine s’est inscrit dans le camp de la paix en Irak. En 10 questions et autant de chapitres, les 12 auteurs de cet ouvrage collectif, universitaires, membres d’ONG, cinéaste, tous impliqués dans le comité Tchétchénie dressent un tableau effrayant et sans complaisance pour les victimes, de la situation de cette république du Nord-Caucase. Un désastre humain où ceux qui ont survécu aux deux guerres subissent un régime de terreur policière et militaire, sous la menace permanente, pour les hommes et les jeunes gens, d’un enlèvement. Monnaie d’échange d’un trafic organisée par l’armée russe, mort ou vif, le tchétchène vaut quelques milliers de dollars, ce que les auteurs nomment « le marché des morts et des vivants ». Dans une totale impunité, et dans une grande indifférence de l’opinion publique russe et internationale, l’armée de Poutine procède à ce que les humanitaires se refusent par pudeur à nommer un génocide même si la réalité est bien celle ci. En Tchétchénie, silence, on tue !