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Voir toutes les chroniquesChronique de Jean-François Meekel
XV histoires de rugby
Patrick Espagnet
Culture Suds, 2003, 125 p.
Après les bistrots, « la Gueuze » et la corrida, « Les Noirs/Los Negros », des poèmes à la gloire du toro brave, avec une traduction en espagnol, Patrick Espagnet, qui fut talonneur à Grignols, Gironde, avant de couvrir le rugby pour le quotidien Sud Ouest nous embarque dans une mêlée en Ovalie d’où l’on ressort avec quelques contusions mais surtout avec la confirmation que le rugby, c’est bien une affaire d’homme, avec certes du muscle mais surtout un cœur gros comme ça. Chaque histoire porte en titre un nom, un surnom, autant de portraits sensibles d’hommes qui tutoient l’histoire, la petite à Grignols, Captieux ou Mauléon et la grande à Bègles, Twickenham, Pretoria d’après l’apartheid : Camilot, le vieux supporter des minots de Grignols, Andy Dalton, number two chez les All Black, Raymond le gueulard de Musard. Histoire de femmes aussi : Isabelle, la pute de luxe, qui ne ratait pas un matche au parc ni les afters, Minie, la petite serveuse black d’af-sud. Pour Patrick Espagnet, chacune de ses histoires de rugby est l’occasion de parler une nouvelle fois de la seule chose qui, je crois, l’intéresse : les gens ordinaires avec leur gros sac de chagrin et de joie.
