Les chroniques livres du Passant
Voir toutes les chroniquesChronique de Jean-François Meekel
Patrick Espagnet s’est tiré, bordel !
Crématorium de Mérignac, un lundi matin pourri de janvier. On est là, nombreux, blafards, à embrasser des copains pas vus depuis longtemps, à se saluer, discrètement, d’un signe de tête. Putain ! Que l’on préférerait être ailleurs ! On est pourtant venu à cette cérémonie religieuse qui l’aurait bien fait ricaner, lui, à la messe, y’a que le vin qui l’aurait tenté Dans ce décor qui ne ressemble à rien, normal, la mort ça ressemble à rien, on se demande ce qu’il aurait pu sentir, humer, écrire. Pas la peine, aujourd’hui, c’est lui qui part en fumée et nous qui peinons autour de quelques mots bien torchés par un confrère.
Il s’est tiré avec son mal de vivre, entre sa tendresse pour les ami(e)s aussi massive que cette détresse qui le jetait dans une ivresse devenue sa compagne et son destin. Bordel ! Il venait de publier coup sur coup 4 bouquins qui résument dorénavant tout son panthéon, les femmes1, les toros, le rugby, les bistrots. Des poèmes et de magnifiques textes courts qui seuls nous relient à lui.
(1) Dernier en date : Madones, poèmes accompagnant des photos de Frédéric Desmesure, chez Atlantica. Les autres ont été chroniqués ici même.
